Un autre moment, une autre attente
Sur Google, l'internaute tape un besoin. Sur YouTube, il vient regarder quelque chose. Votre annonce s'intercale dans ce moment de détente, et il n'a rien demandé.
Cela change tout à ce que vous pouvez en attendre. Une annonce de recherche répond à une question. Une annonce vidéo fait exister votre entreprise dans la tête de gens qui auront besoin de vous plus tard, ou jamais.
Pour une TPE réunionnaise, YouTube n'est donc pas le premier outil. Il devient intéressant quand votre activité se montre mieux qu'elle ne se décrit : une descente en VTT dans les hauts de Saint-Gilles, la visite d'un appartement neuf, l'ambiance d'une salle de sport.
Les formats, et ce que vous payez
Google distingue plusieurs formats d'annonces vidéo. Ils ne se facturent pas de la même façon, et cette différence dit beaucoup de ce que chacun sait faire.
L'annonce InStream désactivable passe avant ou pendant une autre vidéo, et le spectateur peut la passer. Avec des enchères au coût par vue (CPV), vous payez quand il regarde 30 secondes, ou toute la vidéo si elle est plus courte, ou quand il interagit avec elle. Celui qui la passe avant ne vous coûte rien. Si la campagne enchérit au CPM cible ou sur les conversions, vous payez les impressions.
L'annonce InStream non désactivable ne peut pas être passée. Le spectateur voit tout votre message. La facturation se fait au CPM cible, le coût pour mille impressions : vous payez l'affichage.
Le bumper est un message très court, de six secondes au plus, lui aussi impossible à passer et facturé au CPM. Il sert à installer un nom ou une idée, pas à expliquer une offre.
Les formats choisis par le spectateur
L'annonce In-Feed, c'est-à-dire insérée dans un flux, apparaît sous forme de vignette dans les résultats de recherche de YouTube, sur la page d'accueil ou à côté d'une vidéo. Vous payez quand quelqu'un clique pour la regarder ou, dans une campagne de vues de vidéos, quand elle est lue automatiquement pendant au moins 10 secondes.
Les annonces Shorts s'insèrent entre les vidéos verticales courtes, dans une interface pensée pour le mobile. Une vidéo verticale, tournée pour le téléphone, y est à sa place.
| Format | Peut-on le passer ? | Vous payez |
|---|---|---|
| InStream désactivable | Oui | Au coût par vue : 30 secondes vues ou une interaction |
| InStream non désactivable | Non | Les impressions (CPM) |
| Bumper | Non | Les impressions (CPM) |
Il existe aussi le masthead, la bannière placée tout en haut de la page d'accueil de YouTube. Il se réserve et ne concerne pas une petite entreprise.
Quelle campagne pour quel but
Dans Google Ads, une campagne vidéo se crée comme les autres, avec le bouton de nouvelle campagne. Google vous demande un objectif : « Ventes », « Leads » (les prospects), « Trafic vers le site Web » ou « Couverture, vues et engagements YouTube ».
Viennent ensuite des sous-types. « Couverture vidéo » cherche à toucher le plus de personnes possible, « Vues de vidéos » cherche des visionnages. Il existe aussi une « Séquence d'annonces », qui montre plusieurs vidéos dans un ordre donné.
Et pour obtenir des demandes ou des ventes ? Pendant des années, la réponse s'appelait campagne vidéo pour l'action.
Ce type de campagne a disparu. Google a retiré l'option de création en avril 2025, a commencé à convertir les campagnes existantes en juillet 2025, et a converti les dernières d'ici avril 2026.
Leur remplaçant est Demand Gen, étudié au module précédent. Si un tutoriel ou un devis vous parle encore de « Video Action », il date. Une campagne vidéo qui vise des conversions passe aujourd'hui par Demand Gen, qui diffuse sur YouTube, Shorts compris.
Retenez la logique plutôt que les noms, qui changent souvent. Soit vous achetez de l'attention, et vous choisissez couverture ou vues. Soit vous achetez des actions, et vous êtes dans Demand Gen, avec les exigences de mesure du module 2.
Où passe vraiment votre vidéo
Une campagne vidéo ne diffuse pas seulement sur YouTube. Google dispose d'un réseau de partenaires vidéo Google (Google video partners) : des sites et des applications mobiles d'éditeurs où vos annonces passent en dehors de YouTube.
Pour la plupart des campagnes vidéo, ces partenaires sont inclus par défaut. Les campagnes Demand Gen font exception : cette diffusion n'y est active que si vous l'avez cochée. Depuis mars 2025, le réglage y porte le nom « Réseau Display de Google » et se trouve dans chaque groupe d'annonces, comme vu au module 8.
Le réglage se trouve dans les paramètres de la campagne vidéo, à la section « Réseaux », avec une case « Partenaires vidéo sur le Réseau Display ». Regardez-la. Vous pensiez peut-être acheter du YouTube, et une partie de votre budget part ailleurs.
Ce n'est pas forcément un mal. Mais avec un petit budget, mieux vaut savoir où il va et commencer par ce que vous pouvez vérifier vous-même : votre annonce, sur YouTube, vue par des gens de l'île.
La vidéo qu'il vous faut, et comment la juger
Dans un format désactivable, le spectateur garde le doigt près du bouton. Les premières secondes décident de tout.
Montrez d'abord ce qui le concerne : le lieu, le problème réglé, le visage de celui qui le recevra. Le logo et l'historique de la maison peuvent attendre.
La vidéo de présentation tournée pour votre site fait rarement une bonne annonce. Elle prend son temps. Une annonce doit dire vite qui vous êtes et quoi faire.
Nul besoin d'un film coûteux pour un premier essai. Une vidéo nette, tournée dans vos locaux, avec une personne réelle de l'équipe, suffit pour apprendre. Pour Shorts, tournez-la à la verticale.
Juger sans se tromper de chiffre
Reste le jugement. YouTube vous donnera des vues, des pourcentages de visionnage et parfois des clics.
Aucun de ces chiffres n'est un client. Une vue dit qu'on vous a regardé, rien de plus.
L'effet d'une campagne vidéo se lit ailleurs et plus tard : les recherches de votre nom augmentent-elles, recevez-vous plus de demandes au total ? Demandez aussi à vos nouveaux clients s'ils vous ont vu. C'est la mesure la moins chère qui existe.
Fixez-vous une durée et un montant avant de commencer, par exemple deux mois et une somme que vous acceptez de considérer comme un test. À la fin, regardez votre agenda et votre compte en banque. S'ils n'ont pas bougé, remettez cet argent sur la recherche.
